
| LE PRINTEMPS DE LA GERB'ODE - Le Prince Noir - page 4 |
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A6 - Du roi Jean fait prisonnier
Quelques-uns tentèrent de se saisir de sa personne, et subirent la peine de leur témérité. Il criait toujours « Où est mon cousin le prince de Galles? » et semblait ne vouloir être le prisonnier de qui que ce fût d'inférieur à lui. Mais lorsqu'on lui eut dit que le prince était éloigné du champ de bataille, il jeta son gantelet, et se rendit à Denis de Morbec, chevalier d'Arras, qui avait été obligé de s'expatrier pour cause de meurtre. Le fils de Jean fut pris avec lui. Le prince de Galles qui s'était laissé emporter à la chaleur de la poursuite de l'ennemi, se trouvant maître du champ de bataille à son retour, fit dresser une tente alla se reposer des glorieux travaux de la journée, et s'informa avec beaucoup d'inquiétude du sort du roi de France. il dépêcha le comte de Warwick pour en avoir des nouvelles; et ce seigneur arriva heureusement assez à propos pour sauver la vie du monarque, plus exposé dans ce moment qu'il ne l'avait été pendant le combat. Les Anglais l'avaient enlevé de force à Morbec; les Gascons réclamaient l'honneur de le retenir prisonnier, et quelques soldats féroces menaçaient de le massacrer plutôt que de lâcher leur proie aux autres, Warwick imposa aux deux partis, s'approcha de Jean avec les plus grandes démonstrations de respect, et lui offrit de le conduire à la tente du prince. C'est ici que le jeune Edward commence à se montrer comme un héros vraiment digne d'admiration car les victoires sont des choses vulgaires en comparaison de la modération et de l'humanité que montra ce prince âgé de vingt-sept ans, encore bouillant de la chaleur de l'action, et dans la première ivresse que devait produire en lui le succès le plus inespéré, le plus extraordinaire qui eût jamais couronné les opérations d'aucun général. Il sortit de sa tente, pour aller au-devant du roi prisonnier, le reçut avec tous les égards et toutes les marques de sensibilité possibles, tâcha de le consoler de ses malheurs, lui paya le tribut d'éloges du à sa valeur, et n'attribua sa propre victoire qu'à l'aveugle hasard de la guerre et aux décrets de la providence, supérieurs à tous les efforts de la force et de la prudence humaines. Edward fit préparer un repas dans sa tente pour le prisonnier, servit lui-même le roi comme s'il eût été l'un de ses commensaux, se tint derrière son fauteuil refusa constamment de se placer à table, et dit modestement qu'étant sujet, il connaissait trop la distance du rang de sa majesté au sien pour prendre une pareille liberté. Toutes les prétentions de son père à Les prisonniers français vaincus par tant de grandeur d'âme de la part d'Edward plus que par leur défaite récente, versèrent, des larmes d'admiration, retenues seulement par la réflexion qu'un héroïsme si pur et si vrai dans un ennemi n'assurerait que mieux un jour la ruine de leur patrie. Pour ceux qui se passionnent ou qui veulent en savoir plus, vous pouvez télécharger le fichier pdf (15 Mo) CLIQUEZ ICI
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